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L’exercice de la MTC et sa reconnaissance
Dans l’état actuel des choses l’exercice de la médecine traditionnelle chinoise ne fait l’objet d’aucune réglementation véritable.
L’article L 4161-1 du code de santé, qui remplace depuis 2000 l’article L 372 du même code réserve normalement l’exercice de tout acte médical au seul médecin, docteur en médecine de la faculté.
Cependant, depuis des décennies, des médecines non-conventionelles sont enseignées et pratiquées en France et en Europe.
La situation de ces médecines repose sur le paradoxe de la loi française qui dissocie le juridique du fiscal et de l’administratif.
Si quelqu’un veut s’installer en cabinet pour pratiquer la médecine traditionnelle chinoise, il lui suffit de se déclarer à l’URSSAF qui alors fait les démarches auprès des organismes d’assurance maladie et des services fiscaux ; l’INSEE attribue un code APE, le 8690 F appelé « activités de santé humaine non classées ailleurs » ; le déclarant est assujetti à la taxe professionnelle, aux cotisations URSSAF et maladie, mais ne peut être affilié à un régime de retraite car ces organismes de prévoyance prétendent ne pas vouloir cautionner une activité dite « illégale » ; il suffit alors de s’inscrire à un régime privé de capitalisation.
En ce qui concerne l’assurance civile professionnelle, celle-ci peut être souscrite sous réserve de satisfaire à divers critères de crédibilité comme par exemple la possession d’un diplôme d’une école affiliée à une organisation professionnelle de MTC.
Mais tout cela n’exclu pas la possibilité d’être inquiété en vertu de cet article L 4161-1 ; la parade existe : le fait d’avoir souscrit une assurance professionnelle permet d’être défendu et les rares sanctions ne sont jamais bien lourdes ; d’autant plus que la France est à peu près le dernier pays européen qui, au nom du critère de « santé publique » exerce encore un autoritarisme médical despotique, et que cela devra bel et bien fatalement s’alléger au fur et à mesure du temps.
Actuellement, les différentes écoles de MTC organisent un regroupement dans une perspective de reconnaissance ; deux organisations, l’UFPMTC (Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise) et la FNMTC (Fédération Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise) regroupées sous l’égide de la CFMTC (Confédération Française de Médecine Traditionnelle Chinoise), travaillent à l’harmonisation des enseignements et la création de diplômes communs, ceci pour faire poids et augmenter la crédibilité vis à vis des autorités politiques. L’enseignement de notre Collège permet de recevoir les informations nécessaires pour satisfaire aux épreuves proposées par ces organisations.
Il est écrit dans les textes de sagesse chinoise : « Tu peux te promener dans la forêt, mais fais attention de ne pas marcher sur la queue du tigre ! ». Cela doit s’appliquer aussi à l’exercice de la médecine traditionnelle chinoise.
L’essence du Collège
- Prodiguer un enseignement fondé sur la Tradition en prenant en compte la dimension sacrée de l’individualité humaine.
- Les formateurs ont tous conscience du fait que la médecine sert la vie, que la vie sert ce qui la dépasse, et qu’en conséquence, tant l’enseignement que le soin doivent servir la réalisation spirituelle qui est, du point de vue de la Tradition, la finalité de l’existence humaine.
- La formation des étudiants leur permet d’acquérir les techniques thérapeutiques chinoises mais aussi une plus grande conscience du rôle de soignant dans notre monde matérialiste empreint de désespérance et de ténèbres.
- L’organisation de l’information permet de préciser clairement la terminologie chinoise à la lumière de la Tradition et non selon le point de vue moderne occidental ; elle permet d’une part d’éliminer les erreurs d’interprétation couramment répandues dans les ouvrages et d’autre part de remettre en cause certaines idées préconçues concernant la MTC.
- Le cursus de formation est structuré de façon progressive et représente un ensemble complet permettant d’acquérir de réelles compétences.
- Le collège veille à organiser l’enseignement dans le cadre d’une pédagogie interactive et dynamique afin que l’étudiant participe à part entière à la réception de l’information et à son intégration.
- Les formateurs travaillent ensemble à harmoniser les informations ainsi que les modalités de leur transmission ; ils constituent une équipe pédagogique dont les membres sélectionnés sont en constant travail de perfectionnement.
- Les lieux de formation sont choisis pour qu’ils soient en harmonie avec la qualité de l’enseignement dispensé.
- L’effectif des groupes de travail est adapté à la bonne transmission de l’information ; groupe de travail théorique : 30 personnes maximum ; groupe de travail pratique : 15 personnes maximum.
- Le Collège veille à ce que des supports de travail pertinents soient mis à la disposition des étudiants (livres, livrets, glossaires, CD) pour leur faciliter la meilleure compréhension possible.
- Le collège propose aux étudiants la possibilité d’approfondir leurs connaissances pratiques, théoriques, et philosophiques, soit après le parcours effectué dans le centre de formation, soit après un cursus dans une autre école, par le biais des week end et stages organisés soit par le cercle de conférence (Cercle Philosophique d’Etudes Traditionnelles), soit par lles unités de spécialisation.
- L’enseignement dispensé contribue à permettre à l’étudiant de se préparer pour les examens nationaux organisés par les fédérations et unions professionnelles
Tradition
Comprendre, Apprendre et pratiquer la médecine traditionnelle chinoise, c’est prendre en compte sa dimension «traditionnelle».
TRADITION (définition tirée du glossaire du Collège)
ø Du latin « tradere »/transmettre. D’origine supra-humaine, la Tradition est l’influence spirituelle transcendante transmise par des moyens fort différents, dont les deux principaux sont l’oral et l’écrit. La Tradition est le contenu de ce qui est transmis, pas le contenant. Adaptée aux lieux et aux moments, elle prend des formes différentes pour s’exprimer, et le langage qui lui est propre est celui de la symbolique.
D’origine transcendante, (transmise oralement, ou par des textes sacrés ou canoniques), elle concerne la Connaissance du Divin à l’origine du contingent manifesté.
En résumé, la Tradition, c’est la transmission continue des principes révélés aux anciens.
Ces principes immuables sont exprimés dans un langage qui utilise l’emblématique et la symbolique.
L’étude de la symbolique et de l’emblématique traditionnelle permet d’accéder à une connaissance du monde qui donne un sens à la vie, à la maladie, et à l’acte thérapeutique.
Car le thérapeute, du point de vue de la Tradition ne guérit pas : il prend soin; et par ce soin, c’est la propre nature de l’homme qui le guérit.
Le soin ne doit pas perturber l’homme par une action directe sur des agents pathogènes, mais permettre à ce que la nature profonde de celui-ci réponde en réagissant. Le soigné est envisagé comme participant activement et de façon responsable à la restauration de sa vitalité.
La science médicale issue de la Tradition aide à ce que les conditions les meilleures soient réunies afin que l’être humain puisse accomplir sa réalisation en acte et en connaissance.
Rétablir la santé selon la Tradition consiste à relancer un processus de vie entravé plutôt que d’éradiquer un symptôme ; la maladie représente le travail opéré par la vitalité pour se libérer de cette entrave.
« Nous ne sommes pas malade parce que nous avons une maladie, mais nous avons une maladie parce que nous sommes malade. »
Là où on attend la Médecine Traditionnelle Chinoise
Là où on attend la Médecine Traditionnelle Chinoise*
La médecine traditionnelle chinoise (MTC) est probablement l’une des rares médecines « traditionnelles » qui soit parvenue jusqu’à nous « en bon état de marche ». La médecine traditionnelle occidentale quant à elle a sombré corps et biens lors de la disparition de la civilisation médiévale à la fin du 13ème siècle. La médecine traditionnelle Hindouiste, ou médecine ayurvédique, nécessite une bonne connaissance des arcanes des doctrines hindoues, connaissance inaccessible à l’occidental, quoiqu’on en dise, car l’hindouisme ne s’exporte pas. La MTC occupe une place à part entre les pratiques chamaniques difficilement transmissibles et la médecine moléculaire moderne toute puissante ; cette dernière, raflant la mise sous le règne du microscope, méconnaît sa grande soeur au regard plus… macroscopique. Nous avons presque tous entendu parler du Yin/Yang, des cinq éléments, du Qi, et des méridiens qui parcourent le corps et qui sont en relation avec nos fonctions vitales. Toutes ces notions ont pour origine la pensée traditionnelle extrême orientale, c’est à dire taoïste ; cette dernière devrait être abordée, même sommairement, pour mieux comprendre l’optique de la médecine chinoise. Le Taoïsme, qui prétend viser l’immortalité ou, à défaut, prolonger la vie, nous propose de vivre en bonne intelligence avec notre environnement, nous rendant ainsi complice de la nature, de l’univers, voire de l’ineffable. C’est déjà beaucoup.
A lire « Le Rêve du papillon » de Tchouang-tseu chez Albin Michel et pour les amateurs de discours plus approfondis, « Comprendre le Tao » d’Isabelle Robinet chez le même éditeur.
Nous voilà donc en bonne place, entre Ciel et Terre, prêts à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour entretenir ou nous faire recouvrer une santé satisfaisante. Puisant ses sources dans les profondeurs du mouvement taoïste dont le projet de vie ne peut que séduire, la médecine chinoise s’attaque aux blocages, stagnations, excès et autres insuffisances dont sont victimes nos pauvres individualités tant maltraitées par la vie moderne. Le thérapeute est ainsi amené à traduire sous forme de diagnostic toutes nos réponses à ses questions, toutes ses observations, comme celle de la langue et la palpation de notre pouls. Enfin, il s’agit pour lui de choisir parmi les différentes branches de la médecine chinoise comme l’acupuncture, le Tui Na, la pharmacopée, la diététique, les moxas, les ventouses, le Tai Ji Quan et le Qi Gong, laquelle ou lesquelles sont les plus adaptées à notre cas. La médecine traditionnelle chinoise peut intervenir dans toutes les maladies, anciennes ou récentes, bénignes ou très graves. Son action de renforcement et de régularisation de l’ensemble psycho-corporel permet presque à coup sûr d’obtenir un résultat dans la régression de la maladie, de ses symptômes, et de la douleur qui peut y être associée. Ce qui n’empêchera pas un praticien honnête, professionnel et compétent, d’indiquer ce que l’on peut attendre réellement du soin dans la situation qui nous préoccupe et le cas échéant nous diriger vers d’autres systèmes thérapeutiques.
Et puis la MTC, c’est aussi la préservation de la vie et la prévention des maladies.
La préservation de la vie, c’est connaître et pouvoir appliquer les règles d’hygiène alimentaire, physique, psychique, comportemental, sexuel, etc.. qui s’appuient sur des principes immuables à l’image du Tao ; mais il n’est pas bon de vouloir jouer au « sage » trop vite et les modifications de nos habitudes doivent se faire progressivement, en suivant la « voie du Yin » en dehors de laquelle rien de durable ne peut prendre racine.
La prévention des maladies, c’est la connaissance et la prise en compte, par le praticien, des dysfonctionnements
potentiels du patient afin de lui appliquer les soins qui empêcheront ces troubles en puissance de passer en acte, car comme disent les sages chinois, « traiter la maladie quand elle est là, c’est comme vouloir creuser un puits quand on a soif, ou se mettre à forger les armes quand la guerre est déjà déclarée. »
Nous sommes tous des enfants de la médecine moderne et le praticien de Médecine traditionnelle chinoise doit traduire notre discours empreint de ce vocabulaire scientifique moderne en termes de diagnostic chinois. Il aura lui-même fait son parcours d’étudiant en sautant allègrement d’une terminologie à l’autre, d’un cadre nosologique à l’autre. En Chine, les deux médecines font plutôt bon ménage. Les opposer radicalement serait une erreur, les comparer aussi, juger l’une à l’aulne de l’autre également. Les critères qui servent à apprécier le mode de fonctionnement de la médecine occidentale et ses résultats ne sont pas adaptés à l’approche de la MTC dont la nature est tout autre. Placer astucieusement la médecine traditionnelle chinoise dans un contexte occidental fait partie de l’exercice journalier auquel se livre le praticien ; et cet exercice n’est pas des plus aisés dans la mesure où cette culture occidentale éradique le plus souvent tout ce qui constitue l’essence même de la Tradition.
* par extension, la Médecine Traditionnelle Orientale Taoïste.